
“Me suis-je jamais révolté contre l’imagination ? Non.”
Fayard 1998 - Collection : Littérature Française

“Me suis-je jamais révolté contre l’imagination ? Non.”
Fayard 1998 - Collection : Littérature Française
” Dans le coup de foudre, dans la chute en amour, il tombe toujours cette question de ce qu’on va dire aux autres, aux amis, au monde entier. C’est de la vanité, parce qu’on n’est jamais assez fort pour garder le silence, garder le trésor en soi, en fusion, c’est impossible, il faut qu’on se vante, qu’on s’évente. Et moi j’étouffe de bonheur, j’écris, je suis pressé de dire ça à mon éditeur, excuse-moi pour dimanche de t’avoir posé un lapin, mais tu as gagné un livre. Parce que je vais écrire un livre sur Nick, je suis en train d’écrire un livre sur Nick, je lui ai dit, je l’ai averti, et il est d’accord, Nick, je lui ai demandé s’il voulait être le héros de mon prochain livre, et il a explosé de joie en disant: Bien sûr que je veux. Il parle anglais, mais je peux le faire parler comme je veux dans mon livre, dans un français qui convient à mon écriture, à mon désir, à mon rêve de garçon rencontré dans un bordel d’Amsterdam. ”
Fayard 1997 - Collection : Littérature Française

Elle a seize ans, se prénomme Solange, vit à Laval (Mayenne) et s’intéresse d’abord à son corps qu’elle juge (à son bon droit) superbe.
Un homme la remarque. Il cherche de ” vraies jeunes filles d’aujourd’hui ” pour une série télévisée.
Solange devient Léa et monte à Paris.
Boîtes, rencontres, castings, studios, bouts d’essais… la montée vers la gloire d’une native de la Mayenne, jamais dupe.
Fayard 1997 - Collection : Libres

” Si vous voulez savoir ce qu’est un cheval intelligent, c’est exactement comme les gens: quelqu’un qui se laisse mener par sa curiosité.
Ceux qui aiment les courses, profondément, ne les aiment pas pour l’argent, ils ne tombent pas amoureux dans la perspective de tirer de cette liaison dangereuse un profit. Ils jouent. Ils crient, perdent, gagnent. Ils se font péter le coeur, la bourse, ils sont libres, ils n’ont pas d’enfants à nourrir, pas de traites à payer, ils y vont l’après-midi, quand tous les autres travaillent à des choses petitement rentables. ”
Fayard 1997 - Collection : Libres

_ J’ai effacé tes empreintes, a dit mon grand-père. Tu n’as pas fait du joli travail, Charles. Avoir quinze ans ne constitue pas une excuse. Quand on accepte de faire quelque chose, on va jusqu’au bout… Quand j’ai tué mon premier Allemand, j’avais seize ans. Tu auras juste fait ça un an plus tôt que moi.
_ Je ne l’ai pas tué!
_ Ah non? C’est bizarre, parce qu’il ne respirait plus du tout quand je l’ai trouvé.
Fayard 1996 - Collection : Libres